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CONFEDERATION NATIONALE DES PRODUCTEURS AGRICOLES DU CONGO

« L'agriculture familiale peut nourrir le Congo, si elle est soutenue »

La CONAPAC renforce les capacités des producteurs agricoles sur la loi agricole

Publié le 22 Février 2017

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Publié le 09 janvier 2017

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Message du Président

images«L’agriculture familiale peut nourrir le monde si elle est soutenue»

Longtemps marginalisée  et négligée dans les programmes de développement national, l’agriculture familiale a été accompagnée par l’image d’archaïsme, très traditionnelle, moins productive  sur le marché national et international. Cette  image négative développée par certains intellectuels n’a pas favorisé la promotion de ce type d’agriculture dans les instances politiques. Comme d’aucuns le savent, la RDC est un vaste pays à potentiel agricole énorme et dont 70% de sa population vit en milieu rural et pratique l’agriculture. Dans le monde, les agriculteurs familiaux représentent plus de 40 % de la population active et sont à l’origine de 70 % de la production alimentaire. Aussi, contrairement à d’autres systèmes d’exploitation agricoles qui bouleversent les équilibres écologiques, l’agriculture familiale repose sur un ensemble des valeurs,  savoirs et des savoirs faire qui contribuent à la préservation durable des ressources naturelles et de la biodiversité. Ce pourquoi, l’ONU a dédié l’année 2014 à l’agriculture familiale  et exhorte tous les Etats à s’associer à cet événement planétaire? Enfin, la communauté internationale semble reconnaitre l’importance de l’agriculture familiale.

L’agriculture familiale est définie comme un moyen d’organiser l’agriculture, la foresterie, la pêche, l’aquaculture et la production pastorale, qui est gérée etexploitée  par une ou plusieurs familles et dépend surtout d’une main d’œuvre non salariée, y compris les hommes et les femmes. La famille et l’exploitation sont liées, co-évoluent et combinent des fonctions économiques, environnementales, reproductives, sociales et culturelles.Lorsque nous parlons de l’agriculture familiale, nous parlons des agricultrices et agriculteurs, des pêcheurs, des éleveurs, des cueilleurs et des journaliers sans terres ainsi que des communautés autochtones. Nous parlons des exploitations dont la mise en valeur est assurée directement par la main d’œuvre familiale.

En RDC, la loi portant principes fondamentaux relatifs à l’agriculture ou la loi dite (agricole) à son article 14 reconnait deux types d’agricultures familiales à savoir familiale et de type familial.
1.Est familiale, toute exploitation dont le personnel est constitué des membres de la famille de l’exploitant. C’est qui est important ici c’est la gestion de l’exploitation familiale.
2.Est de type familial, toute exploitation qui recourt à une main d’œuvre contractuelle et qui constitue une unité de production d’une capacité moyenne.

En effet l’agriculture familiale, d’une manière générale est encore à un niveau  rudimentaire dans certains  pays. Les pratiques agricoles sont en grande partietraditionnelles. Les paysans utilisent les outils aratoires rudimentaires (houes, pioches…), des semences traditionnelles non sélectionnées ; la production est en grande partie de subsistance sur des petites exploitations (0,5ha à 1ha) l’excédent est vendu au marché local pour les besoins du ménage. Le marché est moins organisé et moins structuré. Par contre, grâce à l’appui du gouvernement et de certains organismes internationaux et des ONG et OP locales, on constate aussi dans certaines provinces que les paysans développent de plus en plus des attitudes d’une agriculture commerciale ou orientée vers le marché. Les espaces cultivables sont agrandis, le choix des semences améliorées, la recherche de l’information sur les techniques culturales, sur les marchés rémunérateurs des produits agricoles, la création des O.P.A des producteurs, le niveau de la productivité a augmenté. Au Nord Kivu par exemple, la production de la pomme de terre est passée de 3tonnes à l’hectare  en milieu paysan à plus ou moins 20 T, le riz de 2  à 6 T et le maïs de 1,5 à 4T ou plus dans certains milieux. L’élevage des caprins, ovins, poule, bovin est de plus en plus maitrisé même par les petits exploitants en milieu rural surtout dans les hinterlands des villes.

QUELLES  STRATEGIES POUR SOUTENIR L’AGRICULTURE FAMILIALE?
Investir dans l’agriculture familiale requiert une stratégie coordonnée qui dépasse les limites sectorielles, spatiales et temporelles. Nous proposons donc l’élaboration d’une stratégie nationale capable  de favoriser les investissements des petits exploitants qui seraient propres à chaque province et coordonnée à l’échelon national. Sa mise en œuvre exigera un appui politique et devra  reposer sur une participation et une représentation suffisantes des petits exploitants. Sa réussite nécessitera un renforcement du secteur public.
La stratégie nationale pour soutenir les petits exploitants devra se fonder sur les principes suivants :
-Reconnaissance de l’agriculture familiale dans sa diversité. C’est une étape indispensable à la définition d’orientations stratégiques adaptées et pertinentes.
-La mise en place d’un système  d’information pertinent, qui soit à même de fournir une image précise des caractéristiques et de la diversité du secteur. Des données statistiques de base fondées sur le recensement national agricole, doivent être collectées dans tout le pays avec le concours des producteurs agricoles familiaux en vue de l’élaboration d’une vision nationale. Ces données devront décrire de manière concrète, les principaux signes distincts de l’agriculture(sources de revenu multiple, dimensions non monétaires, accès aux ressources…) commune et fonctions essentielles de moyens d’existence de petits exploitants.
-Implication de toutes les parties prenantes
L’élaboration de la stratégie nationale doit être un processus décentralisé auquel doivent participer  toutes les parties prenantes à tous les niveaux d’organisation des communautés locales jusqu’au niveau national.

SOUTENIR L’AGRICULTURE FAMILIALE
1.Améliorer l’accès aux ressources productives.
Pour pouvoir accroitre la contribution de l‘agriculture familiale à la sécurité alimentaire, et continuer à produire les divers biens et services connexes, les petits exploitants doivent investir pour améliorer leur base de ressources (capital physique, humain, social , financier et naturel) et renforcer leurs capacités individuelles et collectives(capacités sociales à travers des organisations en vue de renforcer leur pouvoir d’action collectives et la création d’institutions.
-L’accès aux ressources naturelles.
-L’accès limité à la terre et d’autres ressources naturelles (surtout l’eau) est l’une des difficultés contraignantes à l’investissement dans l’agriculture familiale, en particulier pour les femmes. Ce problème peut être réglé en mettant en œuvre des réformes foncières distributives, des réformes des régimes d’occupation des terres, en renforçant la sécurité des droits de propriétés et d’occupation et la gouvernance dans l’utilisation des ressources, exploitées en commun notamment  les forêts et les eaux de pêches. Le gouvernement doit garantir les droits des petits exploitants agricoles à la sécurité et à la gouvernance des terres et des ressources naturelles en appliquant les directives volontaires pour une gouvernance  responsable  des régimes fonciers applicables aux terres et aux pêches et aux forêts. Les droits des femmes aux terres et aux ressources naturelles doivent être étendus et renforcés.
-L’accès aux ressources financières
Les services financiers et les systèmes bancaires doivent être améliorés afin qu’ils puissent servir les petits exploitants de manière efficace. Les institutions de micro crédit doivent soutenir efficacement le secteur. Des services autres que des prêts sont également nécessaires ; les assurances en particulier sont indispensables pour inciter les petits exploitants à investir davantage.